Les trentenaires, quadras et +

Entre 35 ans et 40 ans, les femmes peuvent être tentées de « décrocher » si elles ne sont pas épaulées par un conjoint qui assume à part égale les obligations familiales. Cela correspond souvent à une période de maternité et/ou de vie de famille prenante avec de jeunes enfants. Les femmes se sentent alors débordées et leur carrière professionnelle en pâtit. Plus tard, quand elles reviennent sur le marché du travail, on les regarde déjà comme des senior ; double discrimination… ?

On n’est pas dans la caricature, loin s’en faut. Une femme trentenaire ou jeune maman est perçue par certains managers masculins comme potentiellement « à risque » de maternité. Elle peut se retrouver face à une hiérarchie qui la considère « en stand by » et ne projette aucune évolution de carrière à son endroit, c’est le plafond de verre ; elle subit concrètement une inégalité de traitement du fait de son sexe. Si par ailleurs son conjoint est confronté à une mobilité, c’est la femme qui sacrifie dans la plupart des cas sa vie et ses ambitions professionnelles. Vers 45 ans, au top de sa carrière, on la met déjà dans la catégorie « senior » cumulant ainsi le risque d’une double discrimination. C’est dire l’ampleur des inégalités subies par les femmes tout au long de leur vie professionnelle avec comme point d’orgue une retraite incomplète, reflet d’un parcours haché et d’une injustice sociale criante.

Heureusement, des associations sont nées pour aider d’autres femmes à retrouver une confiance en elles et le chemin de l’emploi. Ces associations s’inscrivent dans une démarche intergénérationnelle et solidaire, les anciennes à la retraite apportant conseil, formation et un réseau de contacts aux plus jeunes femmes. Elles se sont fortement professionnalisées mettant à la disposition des bénéficiaires des équipes formées, des ateliers de travail, des séances de coaching en utilisant les outils actuels et les nouvelles technologies.

Ces associations sont essentielles pour les femmes ayant « décroché » ou connu un accident de parcours dans leur vie professionnelle ou personnelle. De nombreuses femmes sont confrontées aujourd’hui à la monoparentalité, ce qui les fragilise psychologiquement et socialement tout en constituant un frein à leur vie professionnelle. C’est pourquoi se faire accompagner par une association de qualité, intégrer un réseau où on va reprendre confiance en soi, se motiver grâce aux équipes sont des facteurs de réussite pour retrouver un emploi, être à nouveau dans la dynamique économique, acquérir un statut social et oser enfin exprimer des ambitions.

Force Femmes créé en 2005 par Véronique Morali, fondatrice par ailleurs du site internet Terrafemina, est une association reconnue d’intérêt général qui accompagne gratuitement les femmes de plus de 45 ans vers l’emploi ou la création d’entreprise. En cinq ans Force Femmes est devenu un réseau de 200 bénévoles et 6 salariées, implanté et agissant sur 10 régions en France.

Retravailler est une association créée en 1974 par une sociologue, Evelyne Sullerot qui était convaincue que l’émancipation des femmes passait par leur accès au travail. Cette association devenue tête de réseau accompagne les femmes en recherche d’emploi après avoir interrompu leurs activités pour élever leurs enfants, mais aussi les femmes seniors. Proposant des bilans de compétences, des formations, la validation des acquis de l’expérience, elle accompagne aussi les femmes à élaborer un projet professionnel ou économique. En 2009, Retravailler est devenu un cabinet associatif réunissant 500 consultants et formateurs sur 90 antennes en France. Le réseau travaille aujourd’hui avec des collectivités locales, des entreprises, et accompagne les femmes mais aussi les hommes vers un retour à l’emploi. Toutefois le nombre de femmes reste majoritaire, 22 000 femmes sur 30 000 personnes accompagnées.

Les associations qui accompagnent les femmes vers un retour à l’emploi sont d’autant plus précieuses pour les femmes qui reviennent après un long congé parental. En effet les chiffres montrent que les femmes qui ont pris un congé maximal c’est-à-dire 3 ans ont ensuite du mal à retrouver rapidement un emploi équivalent. Le décalage avec le monde de l’entreprise, la perte de confiance en soi, les problèmes d’organisation familiale se cumulent. C’est pourquoi être accompagné et soutenu par un réseau féminin est important mais ne pas totalement décrocher et rester en contact avec son entreprise pendant son congé permet de limiter ces difficultés.


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