Europe & Entreprises : même combat

Depuis quelques années, des entreprises soucieuses d’améliorer leurs bonnes pratiques multiplient les initiatives : pouvoirs publics et partenaires sociaux ont ainsi initié avec elles le label Egalité professionnelle. En 2010 des entreprises multinationales ont donné naissance au « Gender Equality-European Standard » patronné par la Commission européenne. Ces labels prônant une approche intégrée de l’égalité et outils de promotion de l’égalité viennent en renfort des lois existantes. Se révèleront-ils plus efficaces ?

Créé en 2004 sous l’impulsion de l’Etat et des partenaires sociaux, le label Egalité professionnelle valorise une entreprise ou une administration qui travaille efficacement et durablement pour l’égalité et la mixité professionnelles. Début 2011, une quarantaine d’organisations représentant plus de 800 000 collaborateurs (hommes et femmes)s en bénéficient. Délivré pour une durée de trois ans renouvelable, réexaminé tous les 12 à 18 mois, ce label est attribué par l’AFNOR après l’avis d’une commission où siègent 15 représentants (Etat, syndicats, salariés, organisations patronales).

Les quinze critères d’évaluation comprennent la signature d’un accord d’entreprise sur l’égalité professionnelle, la suppression concrète des écarts de rémunérations et la mixité dans les instances de décision. Est aussi évaluée l’action en faveur de la parentalité, objectif qui fait l’objet d’une charte à part entière, la Charte de la Parentalité en entreprise, initiée par l’association SOS PREMA et L’OREAL. En avril 2010, L’Oréal s’unit cette fois à Orange, BNP Paribas, General Electric Energy, PSA Peugeot-Citroën et Randstad pour soutenir le premier fonds de dotation pour l’égalité professionnelle en Europe, Arborus qui crée le label « Gender Equality- European Standard ». Cette appellation reprend la terminologie de « genre », traduction sociale du sexe biologique, qui caractérise l’approche intégrée de l’égalité.

Dès 1996, cette stratégie complémentaire de la politique « traditionnelle » fondée sur les lois, a posé le droit à la différence, l’identifi cation et la transformation des structures culturelles ou institutionnelles maintenant des relations de pouvoir déséquilibrées, et l’examen des relations entre les sexes dans un objectif d’égalité. Une cinquantaine d’entreprises étaient labellisées « Gender Equality-European Standard » début 2011. Ce label certifié par le Bureau Veritas prend en compte neuf critères comme la politique salariale, la conciliation « des temps de vie professionnelle et privée » ou encore les pratiques de l’entreprise en matière de management et de ressources humaines… Innovant, offrant un référentiel unique à tous les pays de l’Union Européenne, il pose les principes d’une égalité européenne hommes-femmes.


haut de page