L'engagement de l'Union Européenne

L’égalité Femmes-Hommes, affirmée depuis le traité de Rome de 1957 et la création de l’Union Européenne (UE), a été reconnue « valeur fondamentale » dans le traité européen de 2009. Constatant que des écarts salariaux de 18 % en moyenne perdurent chez ses Etats-membres, l’Europe a mis en place en 2010 une stratégie pro-active mobilisant des outils et des moyens pour faire progresser les femmes dans la sphère économique.

L’égalité Femmes-Hommes, affirmée depuis le traité de Rome de 1957 et la création de l’Union Européenne (UE), a été reconnue « valeur fondamentale » dans le traité européen de 2009. Constatant que des écarts salariaux de 18 % en moyenne perdurent chez ses Etats-membres, l’Europe a mis en place en 2010 une stratégie pro-active mobilisant des outils et des moyens pour faire progresser les femmes dans la sphère économique. La raison n’est pas seulement morale et juridique : la réduction des écarts entraînerait une hausse importante du PIB, vitale dans la situation de crise que traverse le monde occidental.

Selon la Commission européenne, les femmes occupent 9,8 millions des 12,5 millions d’emplois supplémentaires créés entre 2000 et 2009. Mais elles sont les plus touchées par la crise, c’est pourquoi la Commission européenne est déterminée à « utiliser tous les outils à sa disposition, législatifs ou non, pour réduire les inégalités salariales entre les hommes et les femmes ». Pour les Européens cette priorité s’avère aussi nécessaire que la lutte contre la violence à caractère sexiste. Elle est aussi fondamentale économiquement parlant : une étude menée en 2009 sous la présidence suédoise a prouvé que l’élimination des écarts pourrait mener à une augmentation de 15 à 45 % du PIB. Serait-ce la solution à la crise ?

« Pour relancer le moteur de la croissance, l’Europe devrait faire un meilleur usage du talent des femmes » déclarait le 21 septembre 2010 Viviane Reding, Commissaire responsable de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté en présentant la nouvelle stratégie de l’UE en matière d’égalité pour la période 2010-2015. Une stratégie très offensive. Certes la Commission européenne a toujours été très active, sur tous les fronts, non seulement dans ses activités de soutien (la moitié des bénéficiaires des fonds sociaux européens sont des femmes) mais aussi pour changer les mentalités : elle a ainsi instauré le principe du congé parental non-rémunéré si le père ne le prend pas.

La France doit d’ailleurs se mettre en conformité d’ici 2012. Et 12 % du budget du Progress, programme communautaire pour l’emploi et la solidarité sociale, soit près de 79 millions d’euros, doivent être consacrés à l’égalité Hommes-Femmes au cours de la période 2007-2013. Avec l’Institut européen pour l’égalité Hommes-Femmes, créé en 2006, elle a aussi mis en place un outil méthodologique précieux pour aborder la question du genre.

La stratégie présentée par Viviane Reding comporte toutes sortes de mesures, depuis l’instauration d’une journée européenne de l’égalité salariale et d’un dialogue au niveau du Parlement européen, à des initiatives ciblées pour ouvrir aux femmes les postes de décision et les inciter à embrasser des carrières « non-traditionnelles » ou à créer leur entreprise. Désireuse de rencontrer au printemps 2011 les grandes entreprises européennes cotées en Bourse « en vue d’une autorégulation énergique » la Commissaire a évoqué l’instauration possible de quotas et martelé une évidence : la croissance intelligente, durable et inclusive, objectif de la stratégie Europe 2020, ne se fera pas sans une meilleure représentation des femmes.


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