Jean-Claude Le Grand

Directeur des ressources humaines de L’Oréal, Division des Produits Grand Public et Directeur Corporate Diversité

Pionnier dans l’articulation vie privée-vie professionnelle, L’Oréal vient d’initier le premier club crèches-entreprises. Quels sont ses objectifs et comment fonctionne-t-il ?

L’engagement de L’Oréal en tant que membre fondateur du Club Crèches & Entreprises s’inscrit dans une démarche de longue date afin de continuer à déployer des actions concrètes pour mieux accompagner ses salariés-parents. Ce club qui est animé par l’Observatoire de la parentalité et placé sous l’égide du ministère du Travail a vocation à créer davantage de crèches interentreprises ou de financer des berceaux. Les entreprises membres s’engagent notamment à parrainer chacune une nouvelle ou plusieurs autres entreprises n’ayant pas encore créé ou financé de places en crèches. Fin 2010, L’Oréal a proposé 87 places en crèches à ses salariés-parents et souhaite atteindre les 127 places fin 2 011.

L’Oréal défend une approche intégrée basée sur l’égalité du « genre » notion européenne et américaine peu usitée en France. En quoi cette approche vous permet-elle de faire progresser le débat ?

Le genre est effectivement l’un des critères de notre politique diversités. Nous faisons néanmoins référence non pas à l’égalité des genres en tant que telle ; mais à l’égalité professionnelle et à l’accompagnement de nos salariés-parents. Il s’agit ainsi pour nous de favoriser la féminisation de nos fonctions dirigeantes, de développer une plus grande mixité dans nos équipes sur des postes fortement féminisés et/ou masculinisés, de continuer à réduire les écarts de rémunération femmes-hommes, et enfin de développer un environnement favorable à nos salariés-parents par la mise en place de crèches, de conciergeries ou par l’expérimentation du télétravail, par exemple. Malgré une politique très volontaire, le Groupe compte environ 20 % de femmes dans son Comex et le groupe est dirigé par un homme.

L’objectif de la loi Copé/Zimmerman prévoit 40 % d’ici 2014, cela vous semble-t-il réalisable pour L’Oréal ? et une grande entreprise dirigée par une femme est-ce un signe fort ?

Fin 2010, le Groupe compte 21,4 % de femmes dans son Comex, 39 % dans ses Comités de Direction, l’objectif étant d’atteindre la parité d’ici à 2 015. Nous pensons que cet objectif reste réaliste puisque nous avons parmi nos collaboratrices de réels talents : courant 2010, 15 femmes ont été nommées à une fonction de patron de Division, 14 à la tête d’une Direction Générale d’une affaire dans nos grands pays et 10 de nos marques internationales sont dirigées par des femmes. Nous continuons donc à encourager cette progression tout en développant, en parallèle, des dispositifs favorisant la conciliation vie familialevie professionnelle.

L’Oréal a impulsé la création d’un label au niveau européen, le Gender Equality European Standard: pourquoi avoir ressenti le besoin de donner une dimension européenne à la question de l’égalité et quelles sont les réalisations concrètes qui en découlent ?

Dans la mesure où notre Groupe est implanté dans 130 pays, nous pensons que la question de l’égalité professionnelle ne peut être adressée qu’au niveau international voire plus spécifiquement au niveau européen. C’est l’ambition de notre politique diversités que de créer une culture commune sur l’égalité professionnelle et de faire progresser les filiales sur ce sujet. C’est la raison pour laquelle nous sommes co-fondateur de ce Label égalité européen mais également du Label égalité international soutenu par le Word Economic Forum.


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